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Reportage Clémence Bonvalet

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Reportage sur le Bal SKIN

Jeudi 29 octobre 2015

Par Clémence Bonvalet
Etudiante à l’École Française de Journalisme

Skin une expérience qui « panse »

La vile de Levallois s’engage pour la première fois dans l’organisation d’une semaine de prévention contre le cancer du sein, dans le cadre d’Octobre rose. Pour clore l’événement, l’Hôtel de ville accueille le Bal Skin. Une soirée caritative où l’association dévoile au public les duos « femme-artiste » prévus pour l’occasion.

L’Hôtel de ville s’éclaire de rose. Le public traverse le hall, emprunte le tapis rouge ornant les marches, éclairées de trois grandes lanternes en bronze. La volée droite des escaliers se divise en deux montées de part et d’autre d’un palier, où se trouve la Marianne, toute de fushia illuminée.

Continuant leur parcours, ils se retrouvent face à la salle de réception, où sont affichées les photos d’Urban Tag. Des femmes dénudées. Seulement habillées par un jeu de clair-

obscur, et de projections de lumières colorées sur leur corps. Les yeux s’attardent, défilent sur ces gigantesques posters. L’artiste réussit à faire oublier le détail qui les rend uniques. Il leur manque à chacune un sein, parfois les deux. Urban Tag a su faire jaillir toute la féminité qu’elles portent. En cela, l’association « aide à se réconcilier avec son corps » affirme Lydia, l’une des modèles. « Ce n’est pas facile d’être une amazone », poursuit Pauline. Avant de conclure : « avec le cancer, on est touché au plus profond de soi. L’expérience Skin permet de renouer avec sa beauté ».

Place à la danse. Une dizaine de cours particuliers plus tard, avec les danseurs professionnels de l’école Georges & Rosy, voici Anaïs, Brigitte, Isabelle, Pauline et Sylvie prêtes à ouvrir le bal. Dans une salle des fêtes richement décorée, avec son air de « salon républicain » du dix-neuvième siècle. Les lustres à pendeloques et tulipes, les dorures, les moulures sculptées, c’est dans ce décor que se succèdent les cinq duos « femme-artiste » pour danser. La musique démarre, le regard plonge dans celui du partenaire. Il y a une complicité, une osmose, qui émane de chaque performance. Comme si la musique se fondait dans leurs pas, et les suivait pour ne faire qu’un avec le couple.

« Un artiste c’est celui qui a mal aux autres »

Lydie Solomon est une pianiste française. Elle rencontre Anaïs en mai dernier. « Dès notre première rencontre le courant est tout de suite passé » confie Lydie. Anaïs, elle, se sent « sur un petit nuage ». En travaillant avec Lydie, elle se découvre une « véritable âme d’artiste ». Anaïs écrit un poème, Lydie compose. Toutes les deux se retrouvent sur scène, un piano-voix résonnant dans la salle. Le brouhaha s’atténue, à mesure que les notes s’élèvent. Le texte d’Anaïs sonne comme une victoire contre le cancer du sein. « Le standard esthétique est du moment » chante-t-elle. La voix est claire, douce, révoltée, pleine de vie… et la prestation se termine par une accolade franche, sincère entre les deux femmes. Sous les applaudissements envahissant tout l’espace.

« Quand le traitement se termine, il laisse un vide intérieur », explique Alexandre Leduey, responsable de l’Unité de chirurgie oncologie du sein à l’Institut Franco-Britannique de Levallois. Comment compenser ce vide ? Comment se reconstruire quand la violence des traitements laisse des séquelles physiques et psychologiques ? L’association Skin, fondée en 2012, aide ces femmes atteintes du cancer du sein à se reconstruire. Le concept d’un binôme « femme-artiste » redonne confiance. C’est « l’ADN de Skin », selon Cécile Reboul-Cleach, la directrice de l’association.

Les performances qu’elles mènent les plongent dans un univers qu’elles ne connaissent pas. « C’est une source d’inspiration, qui stimule et pousse à se dépasser. Ça panse » s’exclame Pauline, en esquissant un sourire.

Clémence Bonvalet / Signes : 3730_R9V0351

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